outarde-canepetiere

Ce bel oiseau de plaine, de la taille d’une faisane, est devenu très rare ailleurs en France mais se rencontre couramment dans certains secteurs du Languedoc à condition de savoir le chercher, et le secteur de Sallèles et Ouveillan en héberge une petite population stable, que les amateurs motivés pourront découvrir malgré sa discrétion.
L’Outarde est terrestre, elle piète volontiers comme une Perdrix (elle avance en courant au lieu de voler) quoiqu’elle soit capable d’un vol puissant et rapide, au sifflement caractéristique. Au vol, on la reconnaît grâce à la grande plage blanche sur chaque aile. Sa distance de fuite est importante, 100m quand elle est seule, plus encore quand elle est en groupe lors des rassemblements hivernaux, car autrefois gibier recherché. Aujourd’hui protégée, elle réoccupe progressivement les luzernes et les friches ; les arrachages lui auront été globalement favorables quoique la vigne, surtout enherbée, lui convienne également, surtout en tant que zone de nourrissage. En période de nids, pour rencontrer une femelle, il faut beaucoup de chance, et s’habiller comme elle, discrète, plumage camouflé en camaïeu de brun et fauve. Mais sa manie de vouloir tout surveiller la trahira, quand d’un seul coup, vos jumelles balayant le sommet des hautes herbes verront émerger la tête d’un semblant d’autruche en miniature ! Le mâle est beaucoup plus facile à repérer, il est d’un tiers plus grand, doté d’un superbe dessin noir et blanc au cou et surtout, surtout, obsédé de rappeler sans cesse à ses rivaux les limites de son territoire, au point d’aller d’un monticule à l’autre, pour émettre régulièrement son chant…ça, un chant ? d’autres moins gentils diront : un cri, un craquement, un trivial produit de pétaudière, en résumé, il nous fait « prête », et puis encore « prête », et ne consent au silence que s’il pleut ou par grand vent.
La portée de ce chant est de plus de 500m par temps calme et c’est le seul moyen pratique utilisable par les naturalistes pour recenser les nicheurs. Notre bel oiseau pas très musicien n’a pas non plus le sens des responsabilités parentales ; trônant au sein de son « lek », il multiplie les conquêtes, attirées par son vacarme, et laisse celles-ci s’occuper seules de leur progéniture. Heureusement les bébés outardes sont nidifuges, ils suivent très tôt leur mère et apprennent à se nourrir en l’imitant, à explorer la luzerne natale, consommant plantules, insectes et limaçons.
La fin de l’été voit des rassemblements locaux s’opérer, sexes mélangés, les très grandes parcelles, comme les aérodromes locaux, sont alors privilégiées. Un joli groupe a souvent hiverné… dans des espaliers plantés bas et large à Truilhas, et, selon un ami chasseur, il avait vite compris comment dérouter les intrus en traversant les rangs de vigne en diagonale…
Nos outardes du Midi ne migrent pas, comme celles du Poitou, vers l’Espagne, c’est une des causes de leur meilleure survie car elles évitent tous les dangers du voyage, lignes électriques, braconniers et prédateurs. Certes, l’arrachage les a un peu favorisées, mais il ne faut pas oublier qu’une friche laissée à elle-même devient vite une zone buissonnante et un risque de feu, et jamais une forêt de belle venue ! Propriétaires ruraux, entretenez donc vos friches, vous œuvrerez pour la biodiversité ! Mais attention, le broyeur doit rester au hangar jusqu’au 14 juillet, sinon on détruit poussins non volants et couvées tardives…
A vos jumelles, et belles observations à tous…

 

 

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